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Les études cliniques, ce n’est pas ce que vous croyez …

Les études cliniques, ce n’est pas ce que vous croyez …

Selon deux récents rapports américains, seuls les résultats d’une minorité d’essais cliniques réalisés pour obtenir l’autorisation de l’Agence du médicament (AMM) sont publiés : entre 6 et 43% selon les critères. Les autres sont jalousement conservés à l’abri de la lumière, pour d’obscures raisons qui resteront longtemps sans réponse. Et les médicaments sont autorisés…

 

Aux Etats-Unis comme partout, c’est un institut public qui accorde les autorisations de mise sur le marché de nouveaux médicaments : la Food and Drug Administration (FDA). Dans le processus de décision, seules les études fournies par les firmes pharmaceutiques sont prises en compte. Autrement dit, le producteur de médicaments fournit les données qui permettent à l’administration de dire si le produit peut être ou non commercialisé. Implacable? Voire…

 

OUBLIS …

En effet, l’ESMO (European Society for Medical Oncology), en comparant les bases des données scientifiques, a déterminé l’existence d’un important biais de sélection des essais cliniques, tous financements confondus, qui amène leurs responsables à ne publier que ceux qui sont favorables: environ un sur cinq! Plus fort : moins de 6% de l’ensemble des études financées par l’industrie pharmaceutique sont publiées. Et sur ces 6%, les trois quarts arrivent à des conclusions positives. L’industrie pharmaceutique est dans une situation très particulière.

Pour gagner le droit de commercialiser un produit, une entreprise doit fournir deux études scientifiques favorables… même si cinquante autres indiquent le contraire! Dans ces conditions, on comprend aisément que, dans cette période de crise, l’industrie pharmaceutique soit un des seuls secteurs économiques à augmenter régulièrement ses bénéfices.

 

…ET TROMPERIES

Plus grave que l’oubli, il y a aussi l’intention frauduleuse. Le Dr Scott Reuben, un des chercheurs américains les plus prolifiques dans le domaine du traitement de la douleur post-opératoire, a fabriqué de toutes pièces la plupart des données de ses recherches, depuis 1996, au profit de plusieurs géants pharmaceutiques, Pfizer et Merck notamment. Les traitements promus par le chercheur concernent aujourd’hui des millions de patients dans le monde…et ont rapporté plusieurs milliards de dollars!

Le plan pharmaceutique est simple et rapporte gros : d’abord, les compagnies fournissent ellesmêmes les données nécessaires à l’évaluation des médicaments en vue d’obtenir les autorisations de mise sur le marché; ensuite, elles embauchent les médecins pour réaliser les essais complémentaires sur les médicaments approuvés ; enfin, elles mènent des actions de démarchage auprès des médecins de la ville pour écouler les produits. Et chaque année, des dizaines de médicaments sont retirés du marché pour leur dangerosité alors qu’ils ont passé toutes les étapes des évaluations sanitaires… Vous avez dit « escroquerie »?

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