Les hôpitaux s’ouvrent aux médecines alternatives

De plus en plus de services hospitaliers ouvrent leurs portes aux praticiens de disciplines alternatives et naturelles. Art-thérapeutes, sophrologues, aromathérapeutes, coupeurs de feu, praticiens en méditation de pleine conscience etc… côtoient maintenant le personnel hospitalier pour le bien-être de leurs patients. 

Quand les hôpitaux font appel aux barreurs de feu

De nombreux services d’oncologie ont dans leur répertoire des contacts un peu particuliers, ceux que l’on ne prononce qu’à demi-mot dans ce domaine ultra médicalisé : magnétiseurs et barreur de feu.

En effet, nombreux sont aujourd’hui les médecins à recommander de tels praticiens pour limiter les effets des radiothérapies ou des chimiothérapies. 

Il en est de même dans les services des grands brûlés où la magie de certaines mains étonne encore les plus grands des septiques. 

Les mentalités évoluent, certains médecins acceptent que tout ne soit pas explicable : « Tant que c’est pour le bien du patient et que ça marche ! » avouent-ils.

L’art-thérapie comme outil d’accompagnement psycho-émotionnel

Musique, chant, danse, clown, théâtre, écriture, arts graphiques et/ou plastiques, photographie… l’art est par essence thérapeutique. On ne compte plus les études qui démontrent l’efficacité de l’art-thérapie dans les domaines psychothérapeutiques.  De la gestion des émotions, à la réappropriation de son image, cette discipline est un tremplin dans le processus de résilience. 

Établissements psychiatriques, instituts contre le cancer, services pédiatriques, gériatriques, de nombreux services hospitaliers proposent des ateliers collectifs adaptés aux différents publics incluant également les différentes formes de handicap.

L’aromathérapie pour gérer les émotions

Les services d’oncologie et de gérontologies ont parfois recours à l’utilisation des huiles essentielles en complémentaire des traitements conventionnels. Encore très discrète en France, cette pratique est toutefois plus courante en Allemagne, en Suisse et en Belgique.  

 Les huiles essentielles sont diffusées dans les chambres des patients ou utilisée lors de massage bien-être. Les bienfaits sont tels que la prise d’anxiolytique a diminué dans les établissements gériatriques qui ont tenté l’expérience. Les patients sont détendus, l’air assaini et parfumé !

L’hypnose pour court-circuiter la douleur

L’hypnose est depuis plusieurs années maintenant bien ancrée dans la sphère hospitalière à tel point que certains anesthésistes s’y forment. Aujourd’hui, il est courant de se voir proposer une anesthésie sous hypnose pour des opérations bénignes ou pour des examens invasifs. 

Les patients se remettent plus vite de leur opération, ont moins la nausée et ont un meilleur réveil lorsqu’ils ont été opéré sous hypnose.

Par ailleurs, l’hypnose est également proposée pour limiter la prise d’antalgiques. Son principe étant de modifier l’état de conscience pour créer de nouveaux circuits « mentaux », cette pratique est toute adaptée à la gestion de la douleur. 

La sophrologie pour apprendre à mieux se connaître

Des séances collectives de sophrologie sont parfois proposées dans les établissements accueillant un public en détresse psychologique : personnes atteintes d’un cancer, de dépression, du trouble du comportement alimentaire, etc… La sophrologie va alors aider ces personnes à se reconnecter avec leur monde intérieur, à visualiser des situations positives, à réapproprier leur corps, à le situer dans l’espace.  

Méditation de pleine conscience pour vivre l’instant présent

Le premier à importer la méditation dans le milieu hospitalier fut le psychiatre Christophe André. Cette forme de méditation est totalement laïque et invite le participant à expérimenter le moment présent, l’ici et maintenant. 

Chaque sens est en éveil pour découvrir le monde tel qu’il est et ce, de manière purement objective. Ceci aide le patient à prendre du recul, à calmer le mental, à vivre l’instant présent et à apaiser ses angoisses. 

Il a été prouvé que méditer stimuler le système immunitaire et participe donc à la guérison du patient. 

D’autres disciplines comme le yoga, la réflexologie plantaire, le massage bien-être, la phytothérapie commencent peu à peu à intéresser le personnel soignant, du professeur à l’aide soignante. Il est intéressant de noter que ce sont souvent ces mêmes personnes qui, au cours de leur parcours personnel, ont déjà eu recours à ce type d’accompagnement complémentaire. Une fois testé et approuvé, beaucoup finissent par s’y former pour, à leur tour, accompagner leurs patients autrement. 

Cependant, la situation budgétaire en France est telle que les hôpitaux, malgré l’intérêt porté à ces pratiques, ne peuvent se permettre de proposer ces thérapies complémentaires au sein de leur établissement. Leur champ d’action se limite donc à la recommandation au risque que le patient ne la suive pas car toutes ces thérapies naturelles ne sont pas prises en charge par la sécurité sociale ou seulement par quelques mutuelles…

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