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Les migraines et céphalées : des conseils utiles

Les migraines et céphalées : des conseils utiles

La migraine est une pathologie très fréquente puisqu’elle touche 12 % de la population française soit environ 7 millions de personnes.

Trois fois plus touchées que les hommes, les femmes paient un plus lourd tribut par rapport à cette affection. Les hormones féminines y jouent certainement un rôle important puisque les crises s’aggravent souvent surtout pendant les règles alors qu’elles s’espacent durant la grossesse et après la ménopause.

 

  • Les formes de migraines

La migraine se manifeste principalement sous deux formes.

— Dans le cas de la migraine sans aura, il s’agit d’une douleur persistante, souvent battante, localisée habituellement au niveau d’un seul côté de la tête et aggravée par l’effort physique. Y sont associées des nausées et une intolérance à la lumière et au bruit. Les crises durent entre 3 heures et 3 jours.

— Plus rare, la migraine avec aura comporte des signes avant-coureurs. Elle est en effet précédée de troubles neurologiques tels qu’une perturbation de la vue, des troubles du langage, des fourmillements et des sensations de vertige.

 

  • Essai d’explication sur le mécanisme de la migraine

La crise de migraine est provoquée par un double phénomène d’inflammation et de dilatation des vaisseaux sanguins de la tête. Le mécanisme de cette phase n’est pas encore bien connu mais provient d’une stimulation des nerfs végétatifs et implique des médiateurs chimiques dont la sérotonine, la dopamine et le monoxyde d’azote.

 

  • Facteurs déclenchants de la migraine

Il semble que des facteurs, comme l’alimentation, interviennent dans le déclenchement des migraines. Cependant, nombreux sont les autres facteurs incriminés :

— Les facteurs psychologiques : contrariété, anxiété, stress.

— Le manque ou l’excès de sommeil (crises après une « grasse matinée »).

— Les facteurs hormonaux : pilule contraceptive, cycle menstruel.

— Les facteurs mécaniques : problème cervical.

— Des facteurs variables et très personnels d’un individu à l’autre.

femme, stress, fatigue, épouisement

  • Migraine et intolérance alimentaire

Des découvertes de plus en plus nombreuses suggèrent que les céphalées dites « vasculaires » — qu’il s’agisse de la céphalée sinusale, de la céphalée par tension nerveuse ou de la céphalée de stress — entreraient dans le registre des intolérances et allergies alimentaires et seraient souvent causées par un ou des aliments que tolère mal l’organisme. En effet, un migraineux sur dix souffre d’une sensibilité alimentaire.

Les aliments ne sont jamais le seul facteur impliqué dans les maux de tête, d’autres facteurs concomitants sont évidemment en cause. Un seul facteur est absolument déterminant et facilement maîtrisable : c’est votre régime alimentaire.

Quoi qu’il en soit, il s’agit réellement d’un problème très complexe. Parce que changements atmosphériques, lumière éblouissante, odeurs pénétrantes et cycle menstruel constituent autant de facteurs favorables aux douleurs céphaliques et absolument incontrôlables pour les individus présentant un terrain héréditaire ou une prédisposition par rapport à ce souci de santé. On considère généralement que plusieurs facteurs sont habituellement conjugués dans l’apparition des céphalées. Ainsi, le vin rouge peut déclencher une migraine à un moment donné et être absolument inoffensif dans d’autres circonstances. Sous les effets simultanés du vin rouge, du roquefort et du stress, par exemple, vous risquez fort de voir se développer une migraine. Les quantités ingérées comptent également pour beaucoup dans ce type de mal.

Les effets vasoconstricteurs de certains aliments peuvent perturber la circulation sanguine et provoquer divers symptômes neurologiques transitoires, notamment des troubles visuels. Il arrive aussi que les vaisseaux sanguins qui entourent le cerveau se dilatent et s’enflamment sous l’action de substances alimentaires, ce qui risque d’occasionner de violentes douleurs. Cette théorie explique bien pourquoi les antiagrégants plaquettaires qui fluidifient le sang, comme l’acide acétylsalicylique, soulagent souvent les maux de tête. Tous les aliments qui renferment les composés chimiques « déclencheurs » — chocolat, fromage fermenté, bacon, vin rouge — sont susceptibles de causer des céphalées. Il serait également possible que certains aliments exercent une action sur certains mécanismes extrêmement complexes qui régulent la libération des prostaglandines. Cela aurait, semble-t-il, des conséquences directes sur la douleur et l’inflammation. Les céphalées étant reliées à la fois aux changements affectant les vaisseaux sanguins et aux processus inflammatoires, les aliments qui influent sur ces phénomènes physiologiques (l’huile de poisson et le gingembre, par exemple) devraient, normalement, pouvoir les atténuer ou les soulager.

D’après le docteur Seignalet, on aurait davantage à faire à une pathologie par complexes immuns. Les aliments pourraient agir de deux manières. Directement, en constituant eux-mêmes une source de peptides, ou alors indirectement, en agressant la muqueuse intestinale, ce qui permettrait le passage de peptides alimentaires ou bactériens et déclencherait le même phénomène que dans les autres pathologies auto-immunes. Une autre théorie envisagée par ce même auteur est celle de l’encrassage. Si certaines migraines sont d’origine alimentaire, il en découle que la meilleure méthode pour les traiter devrait être un changement nutritionnel. L’application du régime hypotonique du docteur Seignalet s’est révélée salutaire chez 17 malades sur 20 qui l’ont adopté.

 

  • Quelques aliments déconseillés aux migraineux

— les agrumes (orange, pamplemousse, citron, lime), ananas et jus de ces fruits,

— les figues, les dattes, les noix et le raisin,

— la banane, le raisin, la prune rouge, les figues en conserve, l’avocat,

avocat, légume, vert

— les graines de gourgane ou fèves des marais, les haricots de Lima, les petits haricots blancs, les cosses de pois,

— l’oignon,

— le lait,

— le fromage,

— le yogourt et la crème sure,

— les œufs,

— le vin rouge,

— le chocolat,

— le sucre,

— le blé,

— le maïs,

— le café,

— le thé,

— le coca-cola,

— les abats,

— la choucroute,

— la viande en général,

— les viandes salées et fumées ou traitées au nitrite de sodium ainsi que certains poissons tels que le hareng,

viande, fumée, sèchée

— les aliments très salés (poisson en saumure, viande fumée, conserves…),

— les alcools (champagne, spiritueux ; la vodka serait moins nocive que les autres boissons fortement alcoolisées),

— les produits contenant de la levure (certains types de pains et de gâteaux),

— les aliments qui contiennent des salicylates.

Conclusion : Afin de connaître les aliments déclencheurs, évitez de manger durant un mois, les aliments mentionnés précédemment. Si vos maux de tête régressent ou disparaissent complètement, faites un test de tolérance, en réintégrant un à un, tous les deux jours ou une fois par semaine, les aliments suspectés.

 

  • Les additifs

Les aliments riches en additifs alimentaires comme les tyramines, les nitrites (dans les viandes fumées), l’aspartame (ex. : Canderel…), le glutamate monosodique. Les cas de céphalées vasculaires déclenchées par le GMS ou glutamate monosodique sont très courants (« syndrome du restaurant chinois » : brûlures et picotements dans le visage et la poitrine, transpiration, douleurs abdominales aiguës, vertiges). L’usage de cet additif pour accentuer la saveur des aliments est maintenant très répandu dans l’élaboration des aliments industriels. Les fabricants ne sont toutefois pas tenus, malheureusement, de signaler très distinctement la présence de cet additif sur les étiquettes.

Certains additifs donnent lieu à des transformations chimiques pouvant provoquer des maux de tête. Les douleurs céphaliques seront plus ou moins violentes selon le degré de vulnérabilité individuelle à l’affection et les effets cumulatifs de la nourriture et des autres facteurs impliqués.

 

  • Les produits laitiers

Ils sont très souvent mis en cause, de même que les aliments allergisants. Nous savons maintenant que les amines, entrant dans la composition chimique des protéines (contenues dans les dattes), sont de puissants « activateurs » de la céphalée.

produits laitiers

Ainsi en est-il de la phényléthylamine, qu’on retrouve dans le chocolat, et de l’octopamine, présente dans les agrumes. L’amine la plus souvent impliquée dans les céphalées reste toutefois la tyramine, présente en abondance dans les aliments suivants :

— Boissons alcoolisées (le vin, en particulier) ;

— Fromages à pâte ferme et fromages fermentés dont les plus riches en tyramine sont : le Stilton, le Roquefort, le Cheddar fort, le Roquefort danois, la Mozzarella, le Gruyère suisse, la Feta, le Parmesan râpé, le Gorgonzola.

 

  • Le vin rouge

Il a la plus mauvaise réputation en tant qu’instigateur des céphalées. Les agents nocifs seraient les congénères (groupe de substances dont fait partie la tyramine), présents en abondance dans les constituants des raisins.

Ce que l’on nomme communément « la gueule de bois » s’expliquerait en partie par la grande quantité de congénères que renferment le vin rouge, le champagne et le bourbon, boissons très souvent mises en cause dans les céphalées. La vodka, qui en contient le moins, serait moins souvent incriminée. Il ne faudrait pas en conclure pour autant que les cuites à la vodka sont sans danger ! Toute consommation abusive d’alcool risque d’occasionner des maux de tête. Les mécanismes qui sous-tendent l’action de l’alcool sur le cerveau n’ont pas encore été clairement mis en évidence.

Certains travaux suggèrent qu’un excès d’alcool perturberait le métabolisme, entraînant une sorte d’hypoglycémie (un manque de sucre) dans le cerveau. Aussi certains spécialistes recommandent-ils de prendre une petite collation à haute teneur en fructose avant d’aller dormir, un jus de fruits par exemple. « Le fructose aide à métaboliser les composés chimiques de l’alcool, responsables des maux de tête et de divers autres symptômes », précise le docteur Solomon. Il est important également de boire beaucoup de liquide après avoir ingurgité un important volume d’alcool car l’alcool déshydrate.

 

  • Le chocolat noir

On notera que le chocolat blanc contient du « beurre » de cacao mais aucune liqueur de chocolat (source de tyramine) et n’exerce pas les mêmes effets. Les migraineux n’ont donc pas à s’en méfier.

chocolat noir, pépites

  • La caféine

La caféine est aussi l’un des facteurs — sinon le facteur — le plus souvent incriminé dans les céphalées, même chez les individus non prédisposés à ces malaises. Attention aux sevrages trop rapides !.

 

  • Les aliments glacés

Si vous consommez des aliments glacés, il est recommandé de manger ou de boire lentement.

Pour amoindrir le choc qui provoque la douleur, placez momentanément en face de la bouche l’aliment à consommer afin de donner au palais le temps de se refroidir avant de l’avaler. Si vous ne respectez pas ces consignes, vous risquez d’être pris d’un violent mal de tête frontal après avoir consommé un aliment très froid, une glace ou un yogourt glacé. Ce type de mal de tête ne dure pas longtemps en général (de vingt à trente secondes) et peut s’étendre aux voies nasales, aux tempes et aux joues.

 

  • Chez l’enfant

Il arrive fréquemment que l’alimentation soit à l’origine de migraines chez les enfants. Elles disparaissent dans presque tous les cas (le taux de réussite a été de 93 % !), quand les enfants cessent de consommer des aliments allergisants.

Parmi ceux qui ont déclenché le plus de symptômes allergiques, on retrouve :

— le lait de vache qui reste le suspect numéro un

— les œufs

— le chocolat

— les oranges

— le blé

— le fromage

— les tomates

Figurent plus loin, avec un impact moindre, les aliments suivants : porc, bœuf, maïs, soja, thé, avoine, café, arachides, bacon, pomme de terre, pomme, pêche, raisin, poulet, banane, fraise, melon et carotte.

 

  • Quelques remèdes à essayer si vous êtes migraineux

— Le gingembre

Il s’agit d’un vieux remède bien connu contre les maux de tête.

Cette épice est utilisée depuis des siècles par certaines populations comme remède à la céphalée, à la nausée et aux troubles nerveux. Il agirait à peu près de la même manière que l’aspirine et d’autres médicaments antimigraineux. Il bloque, semble-t-il, la synthèse des prostaglandines, substances hormonales qui jouent un rôle dans la douleur et contribuent à la régulation des réactions inflammatoires où est impliquée, entre autres, l’histamine. En bloquant la synthèse de la prostaglandine, le gingembre réduit l’inflammation et la douleur comme le ferait l’aspirine.

gingembre, infusion

— L’huile de poisson

Si vous souffrez de migraines, votre sang est peut-être anormalement visqueux ; il serait bon que vous consommiez dès lors des aliments riches en acides gras essentiels, des huiles de poissons ou encore des enzymes qui fluidifient le sang.

Substituez donc l’huile de poisson aux graisses saturées. Les personnes sujettes à la migraine devraient réduire leur consommation de graisses saturées d’origine animale. Ces dernières stimulent la sécrétion d’une substance hormonale qui déclenche une série de réactions favorisant la migraine.

— Les aliments riches en vitamines B6, C et E ainsi que ceux riches en acides gras essentiels qui réduisent la viscosité du sang peuvent soulager certaines migraines.

— Les infusions de matricaire (n’en consommez pas pendant plus de 14 jours consécutifs), de menthe, de romarin, de racine de gingembre, de fleurs de camomille, de fleurs de lavande, de fleurs de tilleul peuvent être bénéfiques.

 

Conclusion

Vous constaterez donc qu’il n’existe malheureusement pas de traitement miracle ou standard concernant la migraine puisque celles-ci peuvent être excessivement variées quant à leurs origines. Les dispositions et le traitement seront différents en fonction du ou des facteurs déclencheurs qui peuvent être d’ordre vasculaire, d’ordre neurologique, d’ordre psychogène, d’ordre mécanique ou encore d’ordre digestif. Afin de solutionner ou d’atténuer le problème, il est absolument indispensable d’en détecter l’origine et d’adapter les dispositions et le traitement en fonction des résultats obtenus.

 

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