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Malbouffe : le marketing mis en cause

En Amérique, les statistiques sont inquiétantes : 75% d’hommes et 67 de femmes sont en surpoids ou obèses, ce qui signifie que moins d’un tiers des adultes est à un poids sain.
Malheureusement, les enfants sont aussi concernés puisque plus de 17% âgés de 2 à 19 ans sont placés dans la catégorie des obèses. En France, 16% des enfants sont concernés. Bien au-delà de l’apparence, c’est la santé qui est mise en jeu.

L’obésité est étroitement liée à un certain nombre de maladies chroniques : diabète de type 2, hypertension, maladies cardiaques, stéatohépatite non-alcoolique (NASH), démence… et environ un tiers de tous les cancers y sont directement liés.
Les enfants touchés par l’excès de poids augmentent considérablement le risque de maladies et de complications, bien plus tôt que d’autres. En 2015, l’American Heart Association a révélé que certains enfants obèses âgés de seulement 8 ans présentaient déjà des signes de maladies cardiaques. De quoi s’inquiéter.

Qu’est-ce qui pousse nos jeunes vers ces terrains glissants ?

La télévision et les jolies pubs bien agencées sont de véritables ennemis de la santé de nos enfants. Les dépenses marketing des vendeurs de malbouffe sont révélatrices. En 2009, en Amérique, la somme exorbitante de 1,7 milliard de dollars a été consacrée à la commercialisation d’aliments malsains pour les enfants, contre seulement 280 millions dépensés sur la publicité d’aliments sains.
Dans la même année, 149 millions de dollars ont été dépensés dans le marketing de sodas et boissons sucrées. Ces boissons contiennent généralement au moins 16 grammes de sucre, ce qui dépasse les apports journaliers des enfants. Un grand nombre d’études a confirmé que les boissons sucrées, et pas seulement les sodas sont fortement associées à l’obésité. Les jus de fruits contiennent, dans de nombreux cas, une quantité de sucre presque identique à celle contenue dans les sodas, mais de nombreux parents bienveillants sont encore dans l’illusion que le jus de fruit est un produit sain et n’arrivent, de ce fait, pas à conclure que ce type de boissons sont également coupables dans le gain de poids de leurs enfants.

hamburger

Chez l’adulte, l’OMS suggère que la consommation en sucre devrait être de maximum 25 grammes (environ 6 cuillères à café) par jour, soit 5% des apports caloriques quotidiens.
Chez l’enfant, cette consommation devrait être d’environ 3 à 4 cuillères, soit 12 à 16 grammes par jour. Une seule boisson sucrée suffit à mettre un enfant à la limite de ce que son corps peut gérer sans effet négatif sur la santé.

Le marketing est particulièrement préjudiciable lorsqu’il vise les enfants. Littéralement trompés et manipulés par les entreprises de la malbouffe en quête de revenus, le discernement des enfants est rarement le bon. D’ailleurs, le marketing destiné aux enfants a été transformé en science à part entière : le « facteur NAG » ou comment faire entrer des produits faiblement nutritionnels et potentiellement mauvais pour les enfants dans le ménage, en manipulant et testant les limites de leurs parents.
Les enfants sont aujourd’hui constamment exposés à la commercialisation par la télévision et les magazines, mais aussi via les jeux, DVD, le marketing furtif et viral, et internet. Selon une étude publiée par l’Institute of Medicine, les enfants âgés de 2 à 11 ans voient quotidiennement une moyenne de 10 annonces alimentaires, dont la majorité est, bien entendu, des produits transformés, riches en sucres, sodium et mauvaises graisses.
Les petits et grands enfants sont ainsi transformés en consommateurs fidèles, souvent à vie, et subissent un lavage de cerveau, croyant que la malbouffe les rendra heureux et pleins de santé. La vérité est diamétralement opposée à une telle propagande.
Mais les parents sont également responsables : au-delà de la manipulation et du harcèlement qu’ils subissent constamment de leurs petits anges, les publicitaires font en sorte de leur enlever toute culpabilité et même de les convaincre des bienfaits de leurs produits.

Le moyen le plus simple d’éviter ce piège est de se rendre à l’évidence : les produits les plus transformés sont également les plus médiatisés. Il est donc primordial de ne pas écouter les douces promesses faites par des tigres et des abeilles animées et souriantes, et de remplir ses placards et réfrigérateurs de produits aussi sains et naturels que possible.

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L'auteur

Thyphanie Mouton

Thyphanie Mouton

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